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Histoires de stade et de tribunal

Justice

« A chaque attentat, leurs corps se raidissent »

Aux abords de la salle Voltaire, dans laquelle se tient le procès dit des "bonbonnes" (Alex Sarkissian).

L’Association française des victimes du terrorisme est présente dans le combat judiciaire, comme depuis le 23 septembre à Paris, au début du procès dit des « bonbonnes. » Une de ses représentantes nous explique la nécessité de l’AFVT à participer activement au débat, notamment en luttant contre le phénomène.

Ce 4 septembre 2016, le quartier de Notre-Dame de Paris a évité un carnage, selon les experts en explosifs. Maladresse de la part des accusées ? Amateurisme ? On l’apprendra formellement ou pas à la fin de l’audience. La voiture piégée de six bonbonnes de gaz n’a pas explosé. Aucun individu, heureusement, n’a été touché physiquement. Il n’est pas exempté pour autant un traumatisme à distance. L’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) connaît par coeur cette question, elle qui oeuvre depuis  plus de 10 ans (1) en accompagnant les victimes et en s’engageant dans la lutte contre le terrorisme.

Une action terroriste déclenche à nouveau un traumatisme chez ceux visés par la volonté criminelle. « A chaque nouvel attentat, leurs corps se raidissent avec l’impression de revivre ce qui leur est arrivé », explique Maître Claire Josserand-Schmidt, présente parmi les parties civiles du procès des « bonbonnes » qui doit juger huit personnes, dont quatre jeunes femmes assises dans le box des accusés (2). L’AFVT, dans son analyse du phénomène terroriste, à caractère islamiste pour ce qui concerne l’affaire traitée à la Cour d’assises spécialement composée de Paris, inclut la prévention et la compréhension.

Il s’agit alors de plusieurs types d’actions comme celles menées dans des collèges, ou dans des prisons. La rencontre entre une victime et un détenu constitue « un moment très fort », poursuit l’avocate. Pour ces personnes dont l’Etat Islamique a occupé leur quotidien durant une longue période, le fait d’avoir en face de soi une victime, de lui parler, est quelque chose de perturbant. Les visites dans les centres pénitentiaires s’inscrivent dans la démarche que l’on veut « constructive et intelligente », souligne encore Maître Josserand-Schmidt.

Le retour dans la société

Comment ces détenus vont-ils revenir dans la société ? Cette question se trouve également au coeur de l’action de l’Association française des victimes du terrorisme, désireuse de participer au débat. Sa présence dans les tribunaux tombe alors sous le sens, poursuit l’avocate. « On a notre mot à dire, parfois on connaît ceux qui se trouvent dans le box. Si on ne construit rien avec eux, ils ressortiront de prison plus marqués. » 

1 : Création en février 2009 par Guillaume Denoix de Saint Marc et l’Association des familles du DC10 d’UTA.

2 : Ines Madani, Ornella Gilligmann, Sarah Hervouet et Samia Chalel. Amel Sakaou refuse de comparaître dans la salle d’audience. Selima Aboudi comparaît libre dans ce procès où elle encourt une peine de 5 ans d’emprisonnement pour non dénonciation de crime terroriste.

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