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Histoires de stade et de tribunal

Justice

« Une culture religieuse proche du zéro »

(Crédit : Alex Sarkissian)

C’est comme cela, entre autres, qu’un enquêteur de la DGSI, lors du procès dit des « bonbonnes » qui se tient actuellement à Paris, a qualifié les profils rencontrés au cours de ses investigations.

Qui sont ces jeunes femmes présentes dans le box des accusés ? Qu’avaient-elles dans la tête en septembre 2016, pour deux d’entre elles (Ines Madani et Ornella Gilligmann), au moment de passer à l’action en piégeant une voiture tout près de Notre Dame de Paris ? Le procès qui se tient actuellement à la Cour d’assises spécialement composée de Paris doit y répondre en partie. Un des enquêteurs de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), sous couvert d’anonymat, a été questionné sur le sujet cette semaine. Après un rappel de ce que représente l’Etat Islamique (« société autoritaire et génocidaire »), son mode de fonctionnement, sa propagande, il a évoqué les profils rencontrés au cours de son travail. Ces jeunes gens, la plupart du temps, dit radicalisés, entrés en religion presque du jour au lendemain.

« Avant d’embrasser des principes religieux, ils épousent des actions violentes, juge le témoin. Ils ont une culture religieuse proche de zéro. » Rachid Kassim a piloté les accusées pour la commission des actes qui leur vaut aujourd’hui d’encourir des peines allant de 30 ans d’emprisonnement à la perpétuité. Ce « guide », supposé tué par la coalition en février 2017 (non confirmé du côté français), rayonne notamment via sa chaîne Instagram « Sabre de lumière »,  incitant à frapper par arme blanche, en utilisant des bonbonnes de gaz, des policiers, des maires etc… Kassim avait encouragé un élève à égorger son professeur, donne en exemple le témoin.

« Beaucoup de tentatives ont été avortées », précise l’enquêteur, rappelant que la menace n’a pas disparu bien que l’EI ait perdu son emprise territoriale dans la zone irako-syrienne dans laquelle il avait instauré le califat en juin 2014 : « En France, la propagande est toujours présente. » Le témoin évoque une tentative d’achat en avril dernier d’un fusil d’assaut de type kalachnikov par un mineur. « Des gens sont inspirés par cette idéologie alors qu’ils ne présentaient pas auparavant de signes de radicalisation. » Pour certaines accusées, des signes forts étaient déjà présents. Le procès doit s’achever le 11 octobre.

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